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Contenu à visée éducative, ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital.

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Comptabilité

Les créances douteuses : quand un client ne paie plus

Créance douteuse, dépréciation, perte irrécouvrable : comment une entreprise traite dans ses comptes les factures qui risquent de ne jamais être payées, TVA comprise.

Publié le 3 novembre 20266 min de lecture

Une entreprise a livré un client, envoyé sa facture… et le paiement n'arrive pas. Relances, mise en demeure, rien n'y fait. Tant que l'argent n'est pas perdu pour de bon, il reste une créance dans les comptes. Mais la comptabilité doit refléter le risque : c'est tout le sujet des créances douteuses.

Trois situations à distinguer

SituationCe que ça veut direTraitement
Créance douteuseLe paiement est incertain (retards répétés, client en difficulté, litige)Reclassement et dépréciation
Créance irrécouvrableLa perte est certaine et prouvée (liquidation judiciaire, certificat d'irrécouvrabilité…)Perte définitive
Créance soldéeLe client a finalement payéReprise de la dépréciation

Première étape : sortir la créance du compte clients habituel (411) pour la placer dans le compte 416 Clients douteux ou litigieux, afin de la suivre à part.

La dépréciation : constater le risque

À la clôture de l'exercice, l'entreprise estime la part de la créance qu'elle risque de perdre et constate une dépréciation de ce montant.

Sur le montant hors taxes

La dépréciation se calcule sur le montant HT de la créance. La TVA facturée n'est pas une perte tant que la créance n'est pas définitivement irrécouvrable : à ce moment-là, l'entreprise pourra la récupérer [2].

Il n'existe pas de barème légal du taux de dépréciation. Beaucoup d'entreprises s'appuient sur une grille selon l'ancienneté de la créance (par exemple 25 %, 50 % puis 100 %), mais le taux doit refléter le risque réel de chaque client. Pour être déductible fiscalement, la dépréciation doit viser une créance précise, et la perte doit être probable, pas seulement possible [1].

Exemple : une facture de 3 600 € TTC (3 000 € HT, TVA à 20 %), impayée, dont on estime la perte probable à 50 %.

  • Dépréciation : 3 000 € × 50 % = 1 500 €.
ÉcritureDébitCrédit
Reclassement en douteux416 Clients douteux : 3 600 €411 Clients : 3 600 €
Dépréciation6817 Dotations aux dépréciations : 1 500 €491 Dépréciations des comptes clients : 1 500 €

Chaque année : ajuster

À chaque clôture, on recalcule la dépréciation nécessaire et on la compare à celle déjà constatée :

  • si le risque augmente : dotation complémentaire (6817 / 491) ;
  • si le risque diminue, ou si le client paie : reprise (491 / 7817 Reprises sur dépréciations).

La perte irrécouvrable : solder la créance

Quand la perte devient certaine, avec une preuve (jugement de clôture pour insuffisance d'actif, certificat d'irrécouvrabilité…), on sort la créance des comptes. L'entreprise peut alors récupérer la TVA qu'elle avait reversée, à condition d'envoyer au client une facture rectificative [2].

Suite de l'exemple, l'année suivante :

ÉcritureDébitCrédit
Perte définitive654 Pertes sur créances irrécouvrables : 3 000 € + 4457 TVA collectée : 600 €416 Clients douteux : 3 600 €
Annulation de la dépréciation devenue inutile491 Dépréciations : 1 500 €7817 Reprises sur dépréciations : 1 500 €

À retenir

Un simple retard de paiement ne suffit pas à constater une perte : il faut la preuve que la créance ne sera jamais payée. Avant cela, on déprécie ; après, on passe en perte.

Bientôt : le modèle Excel FinaDX+

Avec FinaDX+, en préparation, un modèle Excel fera tout ce travail pour vous : une ligne par client, la dépréciation calculée selon l'ancienneté, les pertes et la TVA à régulariser, puis le journal d'inventaire généré automatiquement et un contrôle avec votre balance. Idéal pour une clôture d'exercice… ou pour vérifier ses exercices de comptabilité pendant ses études. Les abonnés à la newsletter seront prévenus en premier.

Ce qu'il faut retenir

  • Une créance douteuse se reclasse en 416 et se déprécie sur son montant HT.
  • Le taux de dépréciation dépend du risque réel, il n'y a pas de barème officiel.
  • La dépréciation s'ajuste à chaque clôture (dotation ou reprise).
  • La perte irrécouvrable se constate avec une preuve, et permet de récupérer la TVA.

Contenu à visée éducative : chaque situation a ses particularités, vérifiez toujours avec un expert-comptable.

Sources

  1. [1]BOFiP — Provisions pour dépréciation des créances douteuses (BOI-BIC-PROV-40-20)
  2. [2]BOFiP — Récupération de la TVA sur créances irrécouvrables (BOI-TVA-DED-40-10-20), article 272 du CGI
  3. [3]Autorité des normes comptables — Plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03)
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Contenu à visée éducative, ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital.

Sommaire

  1. Trois situations à distinguer
  2. La dépréciation : constater le risque
  3. Chaque année : ajuster
  4. La perte irrécouvrable : solder la créance
  5. Ce qu'il faut retenir

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